Voilà quelques réflexions sur le Bonheur tirées de la morale d’Aristote et reformulées par le philosophe Jean Vanier. Vous y trouverez des extraits sur ce qui nous aide à atteindre le Bonheur ou au contraire, ce qui nous éloigne de lui. Certaines citations seront peut-être difficiles à comprendre sans avoir lu le livre.
« La paix ne peut advenir tant qu’on ne cherche pas à combler l’abîme qui sépare les diverses cultures, les diverses religions, et jusqu’aux personnes différentes. »
« Être humain ne signifie pas simplement obéir à des lois qui viennent de l’extérieur de l’homme, mais atteindre sa maturité. Être humain, c’est s’accomplir le plus parfaitement possible. Si on ne s’accomplit pas, quelque chose est perdu pour l’humanité toute entière. »
« On vise d’autant mieux la cible qu’on la connaît.
Tant de gens à notre époque, et depuis toujours, ne s’intéressent pas à la cible, c’est à dire à la fin ultime de leurs actions. Ils sont mus par ce que tout le monde veut. Comme si leur famille, la société, les médias imposaient leur culture. Il sont pris par des projets à court terme qui les empêchent de réfléchir sur le but et le sens de la vie humaine. »
« Ce que nous cherchons à travers tous nos tâtonnements, ce bien suprême auquel nous tendons maladroitement porte un nom : le Bonheur. »
« L’homme est un corps, il est soumis aux changements, à la fatigue, à la maladie, à la mort, à mille besoins nécessaires au bon fonctionnement de son corps et de son âme. Le Bonheur n’est donc pas dans une séparation d’avec le corps ; il implique une intégration de son corps et de ses fragilités. »
« Le Bonheur n’est pas ailleurs que dans l’activité. C’est pour cette raison que l’activité contemplative constitue le Bonheur : elle est la moins fatigante de nos activités. »
« Une fois qu’un homme a découvert et expérimenté que le Bonheur est dans une activité parfaite en vue d’un objet le plus parfait possible, il oriente sa vie dans sa durée vers cette activité là. »
« Toutes les activités de notre vie prennent un sens à partir d’une activité principale, et on organise notre vie en fonction d’elle. Quand on saisit que certaines activités pénibles peuvent nous permettre de connaître une belle activité qui donne sens à toute notre vie, alors elles deviennent moins éprouvantes. »
« Si la vie est un accomplissement dans la durée, l’homme a du temps pour apprendre. L’évaluation morale ne peut être complète que si elle tient compte de la vie entière. »
« Les hommes ne naissent pas égaux, ils ont des capacités, des dispositions et des dons différents ; une santé qui varie d’un individu à l’autre ; une famille et une éducation différentes. Toutes ces choses qui semblent conditionner le Bonheur. Comment serais-je épanoui si je n’ai pas été éduqué à l’être ?
On ne peut pas seulement se reposer sur un caractère bien né, sur les talents ou une heureuse conjoncture. Il revient à l’homme de travailler son âme dans le sens de la vertu, c’est-à-dire de chercher à se développer humainement sur le plan de son caractère ou de son intelligence. »
« La plupart des hommes suivent leurs passions et ont du mal à sortir du conformisme. Aristote cherche dans le sens commun quelque chose de plus profond et pourtant partagé par tous : le bon sens. Cette opinion de l’homme ordinaire qui juge d’après sons sens naturel du vrai et du faux, et non sous l’influence des passions et des pressions de la propagande. »
« L’expérience des hommes joue un rôle fondamental dans leur éthique. »
« Avec Aristote nous nous trouvons donc devant une morale profondément humaine. Pour connaître et vivre cette morale, il ne s’agit pas de créer une nouvelle morale, de briller intellectuellement, mais de se mettre humblement à l’école de l’humain, d’interroger les hommes de son temps, des temps passés, les plus sages, qui ont le mieux réalisé leur humanité. »
